Vaccin

Tableau de Gaston Melingue.

Vaccin. Ce mot a envahi notre quotidien.
Vacciné ? Pas vacciné ? Pour ? Contre ? Antivax ? No vax ? Djokovax ? Impossible d’y échapper.
D’où la question : quand et où a été mis au point le premier vaccin ?
Le mot lui-même vient de vaccine, maladie appelée “variole de la vache”, vaccine venant lui-même de vacca : vache en latin.
Dans les années 1790, un médecin anglais, le Dr Jenner remarque que les femmes qui trayaient les vaches étaient moins sujettes aux formes graves de la variole, voire y échappaient.
Depuis la nuit des temps la variole décimait des populations entières.
Elle ne sévissait pas qu’en Europe, mais le développement des échanges commerciaux par voie maritime à la suite des premières incursions des Portugais le long de l’Afrique et de la traversée de Christophe Colomb ont très largement contribué à décimer les populations, qu’elles soient américaines, africaines ou asiatiques, le virus de la variole embarquant sur les navires sous le statut de passager clandestin.
Selon Voltaire, 60% de la population était atteinte de la variole, 20% en mourrait.
A l’époque la France comptait environ 25 millions d’habitants, ce qui fait 15 millions de contaminés et 3 millions de morts.
La variole ne respectait pas plus les rois que les manants, Louis XV y succomba.
Le Dr Jenner décida d’observer un nombre conséquent de pis de vaches. Sur certains d’entre eux, il remarqua des pustules provoquées par une maladie appelée en France la vaccine. Enserrant les pis et donc les pustules dans un geste ancestral, les mains des trayeuses n’extrayaient pas que le lait, mais également le pus contenu dans les pustules des vaches atteintes de la vaccine.
Ce pus se retrouvait sur leurs mains et par divers chemins s’invitait dans leur système immunitaire.
Après avoir observé maintes vaches et maintes trayeuses dans maintes fermes, le Dr Jenner arriva à la conclusion qu’il n’était pas impossible que ce peu ragoûtant pus de pustules pouvait protéger de la variole et en 1796, il décida d’inoculer ce pus à un jeune garçon.
L’histoire ne dit pas ce qui fut promis au jeune garçon pour qu’il accepte de servir de cobaye, ni même qu’il était informé de ce qu’on lui faisait.
Toujours est-il que cela fonctionna et qu’au fil des années, ce traitement naturel contribua à diminuer le nombre de morts dûs à la variole, le premier vaccin était né.
Aucun traitement ne fut trouvé contre cette maladie, seul le vaccin a permis de l’éradiquer complètement ce qui fut chose faîte officiellement en 1979, la dernière épidémie en France ayant eu lieu en 1955.
Il a fallu cette prise de risque quasi impossible à prendre aujourd’hui pour sauver des millions de vies.
A la découverte du vaccin et très certainement à un ensemble d’autres facteurs, correspond le début d’un accroissement important de la population mondiale qui jusque là avait mis quelques dizaines de siècles à atteindre le milliard d’habitants.
Il a fallu seulement 127 ans pour atteindre les 2 milliards en 1927, 33 ans de plus pour arriver à 3 milliards en 1960, 14 ans de plus pour les 4 milliards en 1974.
Cette année nous devrions atteindre les 8 milliards, 4 milliards de plus en moins de 50 ans.
Incontestablement les progrès de la médecine sont la principale cause de cette fulgurante augmentation.