Le projet

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Le premier tour du monde à la voile s’est achevé le 6 septembre 1522 à Sanlucar de Barrameda, port situé à l’embouchure du Guadalquivir en Andalousie.

A la barre de la Victoria, Juan Sebastian Elcano.

L’histoire a retenu le nom de Fernand de Magellan, commandant de la flotte de 5 navires qui quitta Sanlucar le 20 septembre 1519 pour tenter de trouver un passage au sud de l’Amérique, l’objectif étant d’atteindre les Moluques, les fameuses îles aux épices sources de grands profits pour le Portugal.

Magellan n’a pas pu achever le périple, il a été tué lors d’une escarmouche aux Philippines le 27 avril 1521.

C’est Juan Sebastian Elcano et ses 17 hommes d’équipage qui ont été les premiers hommes dans l’histoire de l’humanité à effectuer un tour du monde.

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La première intention de Jo Le Guen, auteur de plusieurs traversées océaniques à la rame et à la voile, était de rendre hommage à ces grands navigateurs en étant à Séville le 10 août prochain pour mettre son étrave dans le sillage de la flotte de Magellan, refaire le même trajet, s’arrêter là où ils se sont arrêtés pour revenir à Séville le 8 septembre 2022, jour du 500 ème anniversaire de l’arrivée de la Victoria.

Il lui est vite apparu qu’il n’était pas possible de se cantonner à un hommage aux grands navigateurs. Toutes ces expéditions, celles de Christophe Colomb, de Vasco de Gama, de Magellan, entre autres, avaient pour objectif la recherche de nouveaux profits, l’accaparation de richesses.

La différence de technologie entre les Européens et les populations rencontrées ont fait que celles-ci n’ont eu d’autre alternative que de se soumettre. Ceux qui ont résisté et vaincu les premiers arrivants, ont vu la deuxième vague arriver, 4, 6, 10 ans plus tard et ont été soumis ou anéantis.

Jo Le Guen a donc décidé, en tant que marin, de rendre hommage à ces grands navigateurs qui ont affronté les pires difficultés lors de ces expéditions, naviguant sans cartes précises, voire pas de cartes du tout, ne sachant pas exactement où aller, par où passer, étant confrontés aux mutineries souvent générées par la peur de l’inconnu, aux maladies dont le terrible scorbut, à la faim, aux conditions d’hygiène qui à nos yeux d’aujourd’hui ne mériteraient même pas le qualificatif de déplorables.

Ce voyage peut et doit être aussi un outil de sensibilisation, de réflexion sur les notions de droits de l’Homme. Il doit nous permettre de nous poser une question : qu’aurions nous fait nous-mêmes si nous avions vécu à cette époque ? Sommes-nous vraiment différents ? Tout raisonnement, comportement, attitude, ne seraient-ils qu’une question de contexte ?

Ces explorations maritimes ont totalement changé la face du monde. Bien que Magellan reçut des instructions très claires de la part de Charles Quint de respecter les peuples rencontrés, la différence de technologie, le fait que certaines peuplades, exemple parmi tant d’autres, pour obtenir une simple pointe en fer proposaient de l’or en échange, ont fait que toutes et tous, immédiatement ou à terme, ont été soumis.

La première loi, éternelle, universelle, inscrite au plus profond de nos gênes, s’appliqua là aussi : la loi du plus fort.

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Si tu ne peux pas te défendre je prends ta terre, ton bien, ta vie.

Ce tour du monde sera donc un hommage aux grands navigateurs mais aussi une contribution à la sensibilisation aux Droits de l’Homme, une tentative de donner du sens à nos actes.

Tout au long de ce voyage, nous pourrons remonter le temps, aller à la rencontre de ces populations qui virent un  beau jour leur horizon déchiré par un point qui, petit à petit, se transforma en un étrange bateau sur lequel se trouvaient d’étranges hommes disposant d’étranges armes. Ce fut le premier jour du changement de leur destin…