5 Janvier 2021 – Nouvelles de Guyane

Bonjour à toutes et à tous,


Le meilleur possible pour cette nouvelle année qui commence difficilement pour beaucoup de personnes parmi lesquelles celles empêchées de travailler pour cause de Covid.

Me voici donc en Guyane à Saint-Laurent du Maroni depuis 2 semaines, où j’ai été très bien accueilli. (ci-joint le reportage de Guyane 1).

Si on voit le verre à moitié vide, on dira que j’ai « perdu » un an.

C’est étrange d’employer le mot « perdu » alors qu’on est dans l’ignorance totale de ce qui va se passer. Comment perdre un an qu’on n’a pas encore vécu ?

Disons qu’il y a un décalage d’un an dans mon programme.

Dans un premier temps, je vais occuper ce temps disponible pour rencontrer des élèves et leur parler de ces « Grandes Découvertes » qui ont été à l’origine du peuplement de cette région.

Ensuite, préparer mon bateau pour la suite du programme.
Changer le gréement qui est manifestement trop faible.
Je ne peux pas arriver au Sud de l’Amérique du Sud avant le mois de novembre, ce qui correspond au niveau saison au mois de mai dans notre hémisphère.

L’idée est de descendre doucement en fonction des conditions météo, d’arriver dans un port situé au Sud de l’Argentine, Puerto Deseado, et là attendre une fenêtre météo permettant d’arriver jusqu’à l’entrée du détroit. Ensuite arriver à un port, Porvenir, situé en face de Punta Arenas. Bien qu’étant la ville la plus importante de Patagonie, Punta Arenas est à haut risque pour les voiliers. Il n’y a pas vraiment d’abri.

Aller de l’entrée du détroit à Porvenir n’est pas chose simple.

Environ 130 milles à parcourir, mais on ne peut progresser que par tranche de 6 heures avec la marée à condition que le vent ne soit pas contre le courant.

Ça peut être sportif.

Après Porvenir, la route est pourvue d’abris naturels permettant de s’abriter des coups de vents fréquents dans cette région.

Ça restera sportif de toute façon.

Une question vient à l’esprit quand on étudie les conditions de navigation dans ces régions.

De quel bois étaient donc fait des hommes comme Magellan et ses 240 hommes d’équipage qui naviguaient sur des bateaux lourds, peu manœuvrants, sans moteur,
sans cartes, sans savoir où ils allaient, ce qu’ils allaient trouver quand ils approchaient de la côte, bancs de sable, courants violents et la mer qui va avec.

Aujourd’hui l’entrée d’un port comme San Julian au Sud de l’Argentine est fortement déconseillée même aux voiliers de grande taille munis de moteur, de GPS, de cartes précises.

Magellan et ses navires y sont entrés et ressortis tout comme le célèbre pirate anglais Françis Drake 58 ans plus tard. Les caprices du hasard ont fait que Drake comme Magellan a du faire face à une mutinerie dans ce port et comme Magellan il a fait décapiter un de ses capitaines. Encore plus étonnant : lors du passage dans le détroit, un de ses bateaux s’est mutiné et a fait demi-tour comme le San Antonio, un des bateaux de Magellan, l’avait fait 58 ans plus tôt. L’autre soir je discutais avec un skipper qui avait construit son bateau et naviguait autour du monde depuis 1984.

Notre conclusion était qu’on n’est plus les mêmes, le progrès nous a ramolli.

Il n’y a pas eu que Magellan et Drake, comment ne pas mentionner Cook et Bougainville, pour ne citer qu’eux. Ils étaient manifestement d’une autre trempe.

Revenons à aujourd’hui.

Pour le moment c’est pause impromptue en Guyane.

Le plan : départ vers avril pour retraverser l’Atlantique en remontant le moins haut possible, direction Dakar.

Visite à Gorée, centre de regroupement des esclaves en partance pour les Amériques, haut lieu symbolique de la traite « négrière ».

C’est ça aussi la période dite des « Grandes Découvertes ».

Si possible, visite d’écoles à Dakar.

Il serait intéressant de comparer les différents points de vue sur la traite entre les élèves de Guyane, du Sénégal et de France.

Il faut avoir à l’esprit que moins de 40 ans après l’abolition de l’esclavage, en 1885, les pays européens se sont réunis à Berlin
pour se partager l’Afrique.

En juillet/août suivant la météo, descente vers le Brésil.

Same player shoots again.

Je vous tiendrai régulièrement informés.

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